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Remontée Ottomane de Stamboul à Toulouse, à travers les Balkans

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J4 - 07.04.07 - UN INDIEN DANS LA VILLE

4:30 AM : je suis avec mon fardeau sur le dos, en plein coeur de la ville encore bien sombre. Je trouve un café ouvert 24h sur 24 où je peux baragouiner mes premiers mots de turc pour commander un café, un jus d'orange et une patisserie :

- Iyi Günler ! Ben çay istiyorum.

 

Bien restauré, je sors et demande mon chemin - le pont de Galata. Une fois l'agitation de Taksim surmonté (beaucoup de boutiques à Kebap), je pénètre dans l'obscurité des pentes de Galata. Dans les rues tortueuses et peu rassurantes, je descends doucement vers la Corne d'Or - ce bras de mer du Bosphore qui pénètre dans la partie occidentale de la ville. Je me fais accoster par des dizaines de taxis. Je décide pour plus de sûreté de suivre les quelques personnes qui rentrent de soirée, en gardant toujours mon but en azimut. Je suis enfin sur le pont de Galata et j'ai devant mes yeux une vue troublante et magnifique : sur l'autre rive, sur l'autre rive, seule sont éclairées les imposantes mosquées. Dans le calme encore un peu frais - à cette saison - de Stamboul ne résonnent que les appels à la prière des muzzins. Totalement déroutant. Je ne m'arrête jamais de marcher et je longe les deux rives de la Corne d'Or jusqu'au pont Atatürk pour ensuite revenir à mon point de départ. Les premières lueurs du soleil d'Orient pointent leur nez et j'en profite pour faire quelques clichés devant les yeux - soit ignorants, soit interloqués - des premiers pêcheurs près à dégainer leurs cannes au dessus du pont. Je me pose alors sur le port d'Eminömü pour boire un thé et attendre le jour. Les premiers kiosques ouvrent, ca s'affaire, ca prépare ses affaires et rapidement la vie commence à renaître, comme à chaque jour.

Je commence l'exploration de la vieille ville vers 7:00 AM : les commercants préparent leurs étalages, les quartiers de la vieille ville sont organisés en corps de métiers. Tout en haut, près du Palais Tokapi - le palais des Sultans Ottomans, je découvre un quartier à moitié en ruine. Dans les ruelles aux pavés maltraités, des charettes à bras d'homme, des voitures, des mini-vans, des camions... ca s'agite, ca klaxonne. Le fardeau que j'ai sur le dos n'en est pas vraiment un, et mes yeux largement ouverts captent tout ce que j'ai à voir à ma disposition.´

Procédant par avancées et pauses thés successives, je fais le tour des mosquées, des monuments, des quartiers résidentiels, des deux côtés de la corne d'or et jusqu'à Taksim et sa grande rue moderne et commerciale. Vers 14:00 PM, cette rue grouille de monde. La population y est très cosmopolite, à la différence de la vieille ville ce matin. Je n'ai pas arrêté de marcher, et pourtant je n'ai parcouru qu'un petit bout de cette ville géante, dont personne ne peut donner le nombre exact d'habitants - aux alentours de 15 millions.

Vers 15:00 PM, fatigué par cette marche - en sueur - et par cette nuit blanche, je trouve un café où je peux téléphoner aux parents d'Eren - un ami turc connu en Autriche à Vienne. Sa mère, qui parle le francais, m'indique la marche à suivre pour me rendre chez eux - je n'avais même pas pris leur adresse avant de partir. A Karaköy, j'attends plus d'1h le ferry pour Kadiköy - Köy veut dire village ou quartier en turc - car il y a eu un accident sur la mer à cause du brouillard. Les liaisons ferry rétablies, je débarque à Kadiköy et prends le taxi pour Acibadem. Acibadem est sur la portie orientale de la ville, ce que les turcs appellent "Istanbul Bedroom". Les parents d'Eren habitent un bel appartement dans l'une des tours d'un quartier résidentiel. Ils me font un accueil très chaleureux et j'ai le droit à un bon thé, des patisseries, une bonne douche, un bon repas, et enfin un lit bien douillet.

Je m'endors vers 9:30 PM - bien heureux.


Publié à 12:26 le 9/04/2007